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Statue du roi Ramsès II : le colosse qui a survécu à son empire

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Que faut-il pour sculpter un monument si puissant qu’il a inspiré l’un des plus grands poèmes de la langue anglaise — et qu’il arrête encore aujourd’hui les voyageurs, 3 200 ans plus tard ?

La réponse tient en un nom : Ramsès II. Et le meilleur endroit pour comprendre ce pharaon n’est pas un musée, mais le pied de ses statues colossales, sur les rives du Nil à Louxor, la ville où il a laissé plus d’autoportraits de pierre qu’aucun autre souverain dans l’histoire. Ce guide explore chaque statue du roi Ramsès II majeure : où elle se trouve, ce qu’elle signifie, et ce que la plupart des visiteurs ne remarquent jamais en la regardant.

Statue colossale du roi Ramsès II

Qui était Ramsès II ? L’homme derrière la pierre

Avant la pierre, il y eut l’homme — et cet homme fut extraordinaire à tous égards.

Ramsès II, universellement connu sous le nom de Ramsès le Grand, fut le troisième pharaon de la XIXe dynastie égyptienne. Il monta sur le trône vers 1279 av. J.-C., à l’âge d’environ 25 ans, et régna pendant 66 ans — l’un des règnes les plus longs de l’histoire humaine. Il mourut vers 1213 av. J.-C., à près de 90 ans, après avoir survécu à la plupart de ses propres enfants.

Au cours de ces six décennies, il mena au moins 15 campagnes militaires (toutes présentées comme des victoires), affronta l’Empire hittite jusqu’à l’impasse lors de la bataille de Qadesh avant de négocier le premier traité de paix connu de l’histoire, engendra une centaine d’enfants ou plus avec ses multiples épouses royales, fit construire davantage de temples et commander davantage de statues qu’aucun autre pharaon avant ou après lui, et fit graver son cartouche sur des monuments allant de la Nubie jusqu’au delta du Nil.

Son nom de couronnement était Ousermaâtrê-Setepenrê, signifiant « la justice de Rê est puissante, l’élu de Rê ». Les Grecs déformèrent plus tard ce nom en « Ozymandias », que Percy Bysshe Shelley immortalisa dans son célèbre sonnet de 1818, écrit après avoir découvert un fragment de l’une des statues colossales de Ramsès.

Ce que Shelley a saisi — le paradoxe d’un roi qui bâtissait pour l’éternité et qui, pourtant, s’est effondré — est précisément ce qui rend la contemplation d’une statue du roi Ramsès II si étrangement bouleversante.

La statue du roi Ramsès II : un colosse, mais surtout une multitude

Il faut d’abord comprendre une chose essentielle à propos de la statue du roi Ramsès II : il n’existe pas une pièce unique et définitive. On dénombre au moins 350 statues de ce pharaon encore existantes aujourd’hui — dispersées à travers l’Égypte, ensevelies sous le sable du désert, exposées dans des musées de Londres à Turin, ou toujours debout à leur emplacement d’origine, au bord du Nil. D’autres continuent d’être découvertes : en 2024 encore, la moitié supérieure manquante d’une statue colossale de Ramsès a été mise au jour dans le sud de l’Égypte par une mission archéologique conjointe égypto-américaine.

Chaque statue n’était pas un simple portrait : c’était un objet théologique. Placées aux portes des temples, ces effigies étaient considérées comme des incarnations vivantes du ka (la force vitale) du pharaon, capables de recevoir des offrandes, de communiquer avec les dieux et de protéger les espaces sacrés. Elles n’étaient pas destinées à être admirées de loin, mais approchées — et leur échelle monumentale visait à faire ressentir à chaque fidèle tout le poids de la royauté divine.

Les statues les plus importantes du roi Ramsès II : le guide complet

1. Les colosses du temple de Louxor — les plus photographiés au monde

Les statues les plus emblématiques du roi Ramsès II encore visibles aujourd’hui se dressent à l’entrée du temple de Louxor, sur la rive est du Nil. Sur le grand pylône du temple — son immense portail d’entrée — six statues colossales de Ramsès furent à l’origine installées : deux assises et quatre debout, encadrant l’entrée aux côtés de deux obélisques de 25 mètres.

Aujourd’hui, deux colosses assis dominent la façade du pylône, aux côtés des statues debout encore visibles dans la première cour. L’échelle est impressionnante : le colosse restauré en granit noir du temple de Louxor mesure 11 mètres de haut et pèse 82 tonnes. Retrouvé en 58 fragments entre 1958 et 1960, il fut entièrement restauré en 2017 lors d’une cérémonie illuminant les murs du temple face au Nil — un spectacle qui a attiré les foules, dans la même tradition que les processions de l’antique fête d’Opet qui se déroulaient jadis en ce lieu.

Ce que la plupart des visiteurs ne remarquent pas, ce sont les détails au pied de ces statues. Observez attentivement la base des colosses assis : de petites figures féminines y sont sculptées, debout contre les jambes du roi. Il s’agit de la reine Néfertari, l’épouse principale et la plus aimée de Ramsès — représentée en petite taille non par insignifiance, mais selon la convention artistique égyptienne où l’échelle traduisait la hiérarchie divine. Dans l’intimité, leur relation aurait été un véritable amour ; dans la pierre, elle se tient éternellement à ses côtés.

Un détail important, que même des guides expérimentés négligent parfois : cinq des onze colosses debout encore visibles dans la première cour du temple de Louxor ne représentaient pas Ramsès II à l’origine. Il s’agissait de statues d’Amenhotep III, sculptées deux siècles plus tôt, que Ramsès fit « renouveler » en regravant les cartouches et en remodelant subtilement les visages. Cette pratique, parfois appelée damnatio memoriae inversée, était en réalité perçue comme un acte de renouveau : insuffler une nouvelle vie sacrée à des monuments anciens plutôt qu’effacer leur propriétaire d’origine.

2. Les colosses du Ramesseum — ceux qui ont inspiré Shelley

Sur la rive ouest de Louxor, juste en face des temples de Karnak et de Louxor de l’autre côté du Nil, se dresse le Ramesseum — le temple funéraire de Ramsès II, son « château de millions d’années ». Il s’agit du deuxième plus grand temple d’Égypte, couvrant environ 10 hectares, et en son cœur se dressait autrefois la plus colossale statue du roi Ramsès II jamais tentée.

Cette statue — que ses créateurs appelaient le « Soleil des Princes » — fut taillée dans un seul bloc de granit syénite et s’élevait à 17 mètres de hauteur, pour un poids estimé à 1 000 tonnes. Ce fut la plus grande statue monolithique jamais tentée dans l’Égypte ancienne. Aujourd’hui, seuls des fragments épars de la base et du torse subsistent : l’ampleur même de l’œuvre originale en fit l’une des premières cibles des pilleurs de pierre des siècles suivants, qui exploitèrent ses blocs massifs comme matériaux de construction.

Le buste de l’un des colosses du Ramesseum — un magnifique buste de granit — fut retiré en 1817 et transporté à Londres, où il se trouve aujourd’hui dans la salle 4 du British Museum. C’est cette pièce, connue sous le nom de « Jeune Memnon », dont un fragment inspira à Shelley son Ozymandias. Même à seulement 2,67 mètres de hauteur (tête et torse uniquement) et 7,25 tonnes, elle conserve une autorité calme et intemporelle. Des traces de peinture d’origine — bleu et jaune sur la coiffe, rouge sur la peau, noir dans les yeux — laissent deviner la figure vivement colorée qu’elle fut jadis.

Le Ramesseum lui-même, bien qu’en ruines, demeure l’un des sites les plus poignants et les plus beaux de la rive ouest. Le visiter est une expérience très différente de la grandeur polie du temple de Louxor : ici, les colonnes effondrées gisent là où elles sont tombées, les hiéroglyphes s’effacent sous le soleil, et l’ampleur de ce qui a été perdu devient presque palpable.

3. Les colosses d’Abou Simbel — le sommet de la mise en scène de Ramsès

Tout au sud de l’Égypte, à 280 kilomètres au sud d’Assouan, près de la frontière soudanaise, se dressent les quatre statues assises les plus célèbres au monde du roi Ramsès II. Taillées à même une falaise de grès vers 1264 av. J.-C., les quatre colosses assis du grand temple d’Abou Simbel mesurent chacun environ 21 mètres de hauteur — soit à peu près la hauteur d’un immeuble de cinq étages.

Il ne s’agit pas de sculptures indépendantes : elles ont été taillées à même la roche vive de la falaise, si bien que la montagne tout entière est la statue — la montagne est le temple. Cet effet, destiné à impressionner les populations nubiennes venant du sud, constitue l’une des démonstrations de pouvoir les plus calculées du monde antique.

Un détail moins connu concerne son orientation. Le temple fut aligné avec une précision telle que, deux fois par an — le 22 février et le 22 octobre, dates supposées correspondre à l’anniversaire et au couronnement de Ramsès — le soleil levant pénètre sur toute la longueur du temple, soit 60 mètres, pour venir illuminer les quatre statues assises du sanctuaire le plus reculé : Ramsès II lui-même, entouré d’Amon-Rê, de Rê-Horakhty et de Ptah. Seul Ptah, dieu des enfers, demeure dans l’ombre.

Abou Simbel fut sauvé des eaux montantes du lac Nasser lors d’une remarquable opération de l’UNESCO dans les années 1960 — la même campagne qui sauva également le temple de Debod (aujourd’hui à Madrid) et le temple de Philae. L’ensemble du complexe fut découpé en 1 036 blocs numérotés, puis reconstruit 65 mètres plus haut sur la falaise, en conservant son alignement astronomique d’origine avec une précision extraordinaire.

4. Le colosse du Grand Musée égyptien — la statue la plus voyageuse de l’histoire

La statue colossale debout du roi Ramsès II exposée au Grand Musée égyptien de Gizeh possède sans doute la biographie la plus mouvementée de toute la sculpture antique. Taillée à l’origine dans le granit rouge d’Assouan vers 1200 av. J.-C. pour le temple de Ptah à Memphis (l’ancienne capitale de l’Égypte, à 20 kilomètres au sud du Caire actuel), elle mesure 11 mètres de haut et pèse 83 tonnes.

En 1820, elle fut découverte brisée en six morceaux à Mit Rahina par l’explorateur Giovanni Battista Caviglia. En 1955, le Premier ministre égyptien Gamal Abdel Nasser ordonna sa reconstitution et son érection sur la place Ramsès, au centre du Caire, où elle se dressa pendant un demi-siècle comme la gardienne officieuse de la ville. En 2006, craignant que la pollution automobile et les vibrations du métro ne corrodent le granit ancien, le gouvernement égyptien la fit transférer à Gizeh — un trajet de dix heures à travers les rues du Caire, durant lequel des milliers d’habitants s’alignèrent sur le parcours en saluant la statue, qu’ils surnommaient « le Grand-père ».

Elle se dresse aujourd’hui à l’entrée du Grand Musée égyptien — le plus grand musée archéologique du monde, construit juste à côté des pyramides de Gizeh. Sa demeure définitive la réunit, symboliquement, avec le paysage de la gloire impériale de l’Égypte.

5. La statue de Turin — le chef-d’œuvre selon de nombreux spécialistes

La statue de Ramsès II conservée au Museo Egizio de Turin, en Italie, est rarement mentionnée dans les guides touristiques, mais de nombreux égyptologues la considèrent comme l’une des plus belles sculptures subsistantes de ce pharaon. Taillée dans la granodiorite (un granit sombre tacheté), elle se trouvait à l’origine dans le temple d’Amon à Karnak — l’enceinte la plus sacrée de Ramsès — avant d’être acquise par le musée au XIXe siècle.

Ce qui distingue cette statue, c’est la finesse de son détail sculptural et les figures placées aux pieds du roi. Contre sa jambe gauche se tient la reine Néfertari, coiffée de la distinctive parure d’Hathor à son disque solaire et à ses deux hautes plumes. À sa droite se tient le prince Amonherkhepeshef, fils aîné et héritier de Ramsès et de Néfertari.

La présence d’Amonherkhepeshef permet aux chercheurs de dater la statue : le prince mourut vers 1254 av. J.-C., soit la 25e année du règne de Ramsès. La statue fut donc sculptée durant le premier quart de son règne — une période où l’influence artistique de son père se faisait encore sentir et où Néfertari était toujours vivante. Les historiens de l’art relèvent une forte ressemblance stylistique entre le visage de cette statue et celui des représentations de Séthi Ier, le père de Ramsès, suggérant qu’elle fut réalisée alors que le souvenir de l’atelier de sculpture de Séthi était encore vif — et peut-être à une époque où le jeune Ramsès cherchait délibérément à se présenter comme le digne successeur de son père.

Ce que raconte vraiment chaque statue du roi Ramsès II

Déchiffrer une statue du roi Ramsès II n’est pas un simple exercice esthétique : c’est un véritable décodage théologique. Chaque élément y était choisi avec précision :

La double couronne (le pschent) : l’association de la couronne blanche de Haute-Égypte et de la couronne rouge de Basse-Égypte, symbolisant la souveraineté sur l’ensemble du pays, du delta du Nil jusqu’à la Nubie.

L’uræus : le cobra dressé sur le front, sacré pour la déesse Ouadjet, censé protéger le pharaon en crachant le feu sur ses ennemis. Sa présence sur la statue n’avait rien de décoratif : c’était une arme spirituelle.

La coiffe némès : le tissu rayé retombant sur les deux épaules. Plus intime qu’une couronne, on la retrouve fréquemment sur les statues royales pour évoquer une forme d’accessibilité aux côtés de la divinité.

La fausse barbe : un attribut cérémoniel symbolisant la royauté divine, lié au dieu Osiris. Même les reines portaient une fausse barbe dans leurs représentations divines.

L’ânkh : lorsque le pharaon est représenté tenant un ânkh (la croix à anse), il tient littéralement le hiéroglyphe de la « vie » — affirmant qu’il est le conduit par lequel la force de vie divine se répand sur l’Égypte.

L’échelle monumentale : plus que tout autre élément, la taille même de ces statues portait un message théologique : le pharaon existe à une échelle différente de celle des humains ordinaires. S’approcher d’une statue de 20 mètres, c’est faire l’expérience physique de la doctrine de la royauté divine.

Le Ramesseum : là où l’on peut encore se tenir dans son ombre

Pour les voyageurs naviguant sur le Nil, la rive ouest de Louxor offre la rencontre la plus riche avec l’héritage de pierre de Ramsès II. Le Ramesseum, bien qu’en ruines, demeure l’un des grands monuments les moins fréquentés de Haute-Égypte — un contraste saisissant avec l’affluence touristique du temple de Louxor et de Karnak.

Le visiter tôt le matin, quand la lumière dorée baigne les colonnes effondrées et les colosses brisés, est une expérience qu’aucune vitrine de musée ne saurait reproduire. Les reliefs partiellement préservés sur les murs intérieurs montrent encore la bataille de Qadesh avec un luxe de détails remarquable — Ramsès sur son char, l’armée égyptienne traversant l’Oronte, les chars hittites en pleine débandade. Il ne s’agit pas d’ajouts de propagande tardive : ce sont les récits originaux, gravés dans la pierre quelques années à peine après la bataille elle-même.

Le meilleur moyen d’atteindre le Ramesseum reste le Nil lui-même — exactement comme il était prévu de l’approcher à l’origine. Ramsès orienta son temple funéraire face au fleuve et aux temples vivants de Karnak et de Louxor, sur la rive opposée, afin que son culte éternel se déroule par-delà les eaux qui donnaient vie à l’Égypte.

Naviguez sur le Nil que Ramsès a façonné : Turquoise Dahabiya

Comprendre la statue du roi Ramsès II, c’est comprendre le Nil. Chaque bloc de granit extrait à Assouan pour ses colosses voyageait vers le nord par voie fluviale. Chaque temple qu’il fit bâtir en Haute-Égypte était orienté vers ses rives. Le Ramesseum fut conçu pour être vu depuis l’eau. Même Abou Simbel — taillé dans une falaise de Nubie — fut positionné pour dominer l’approche par bateau.

Il n’existe pas de façon plus juste de découvrir cet héritage que de le parcourir en naviguant — lentement, au ras de l’eau, en s’arrêtant là où se dressent les temples.

Turquoise Dahabiya propose des croisières de luxe intimistes sur le Nil entre Louxor et Assouan — le cœur de l’Égypte de Ramsès II. Notre dahabieh, embarcation à taille humaine, accueille un nombre limité de voyageurs et offre ce que les grands bateaux de croisière ne peuvent pas : le silence du fleuve à l’aube, la possibilité d’approcher les temples comme le faisaient les pèlerins de l’Antiquité, et le temps nécessaire pour s’imprégner des lieux plutôt que de simplement les photographier.

Nos itinéraires sur le Nil — là où Ramsès se dresse encore

4 jours – Eaux Sacrées, d’Assouan à Esna Départ d’Assouan, source du granit rouge qui a servi à bâtir chaque colosse de Ramsès. De là, naviguez vers le nord jusqu’aux temples de Kom Ombo et d’Edfou. C’est la direction qu’empruntait la pierre : vous suivez le même courant qui transportait, il y a trois mille ans, la matière première des statues du roi Ramsès II, de la carrière jusqu’au temple. À partir de 750 €.

5 jours – Retraite Sereine, de Louxor à Assouan Départ de Louxor, où les colosses veillent à l’entrée du temple, puis navigation vers le sud à travers le même paysage que gouvernait Ramsès II. Escale au temple d’Horus à Edfou, parfaitement conservé et le plus complet d’Égypte ancienne, ainsi qu’à Kom Ombo et son extraordinaire double dédicace. À partir de 1 000 €.

7 jours – Élégante Escapade, Louxor, Qena et Assouan L’itinéraire le plus complet de Haute-Égypte, prolongé jusqu’au temple de Dendérah, près de Qena. Sa préservation extraordinaire comprend le célèbre zodiaque de Dendérah — le seul plafond astronomique antique complet découvert en Égypte, réalisé par la même civilisation d’époque ptolémaïque qui bâtit des temples autour de l’héritage de Ramsès. À partir de 1 500 €.

11 jours – Échappée Royale sur le Nil, de Louxor au Caire Des colosses du temple de Louxor jusqu’au Caire, où la grande statue colossale du roi Ramsès II accueille désormais les visiteurs à l’entrée du Grand Musée égyptien. L’arc complet de l’Égypte de Ramsès — du sud au nord, du temple au musée, de l’Antiquité à la modernité. À partir de 3 000 €.

14 jours – Horizons Dorés, du Caire à Assouan Le voyage complet : en partant de l’endroit où se dresse désormais le colosse de Ramsès, au Grand Musée égyptien, jusqu’à Assouan, la carrière de granit où tout a commencé — en dahabieh, sur toute la longueur de son royaume. À partir de 3 500 €.

Ce qui rend la navigation différente

Les temples de Haute-Égypte furent conçus pour être approchés par l’eau. Lorsque vous naviguez vers Kom Ombo à bord de la Turquoise Dahabiya, tandis que le soleil se couche derrière le désert, vous contemplez exactement ce que voyaient les prêtres de l’Antiquité et les pèlerins de l’époque ptolémaïque : le temple s’élevant depuis la berge, ses colonnes se reflétant dans le fleuve. Aucun bus, aucun minibus, aucun car de tourisme ne peut reproduire cette perspective.

Nos guides égyptologues experts font revivre la symbolique de chaque statue et de chaque relief — non comme un cours magistral, mais comme une conversation. Nos voyageurs décrivent souvent la différence entre une visite guidée classique et l’expérience à bord de la dahabieh comme la différence entre voir l’Égypte et la comprendre réellement.

Questions fréquentes : la statue du roi Ramsès II

Où se trouve la statue la plus célèbre du roi Ramsès II ?

Les statues les plus photographiées sont les colosses assis du pylône d’entrée du temple de Louxor, sur la rive est du Nil, en Égypte. La pièce la plus célèbre conservée dans un musée est le buste du « Jeune Memnon », au British Museum de Londres. Les colosses les mieux conservés dans leur cadre d’origine sont les quatre statues de 21 mètres d’Abou Simbel, dans le gouvernorat d’Assouan.

Combien de statues de Ramsès II existe-t-il ?

Les archéologues ont identifié au moins 350 statues de Ramsès II encore existantes. D’autres continuent d’être découvertes : la moitié supérieure manquante d’une statue colossale de Ramsès a ainsi été mise au jour en mars 2024 par une mission conjointe égypto-américaine dans le sud de l’Égypte.

Que symbolise la statue du roi Ramsès II ?

Chaque statue constituait une déclaration théologique affirmant la royauté divine. Le cobra uræus sur le front symbolisait la protection et le pouvoir. Le double couronne signifiait la souveraineté sur l’ensemble de l’Égypte. La fausse barbe reliait le pharaon au dieu Osiris. L’échelle colossale mettait physiquement en scène la doctrine selon laquelle le pharaon existait à une échelle divine, au-dessus de l’humanité ordinaire. Chaque détail sculpté portait une signification religieuse précise.

Où se trouve aujourd’hui la statue du roi Ramsès II qui se dressait sur la place Ramsès au Caire ?

La célèbre statue colossale en granit rouge de 83 tonnes, qui se dressait sur la place Ramsès au Caire de 1955 à 2006, se trouve désormais dans l’atrium d’entrée du Grand Musée égyptien de Gizeh, où elle a été installée de façon permanente. Son transfert s’est déroulé en plusieurs étapes soigneusement planifiées, le dernier déplacement ayant eu lieu en 2018.

Ramsès II était-il le pharaon de l’Exode ?

Il s’agit d’une association culturelle populaire, mais elle n’est appuyée par aucune preuve archéologique ou historique. Le Conseil suprême des antiquités égyptiennes a déclaré qu’aucun élément ne relie Ramsès II au récit biblique de l’Exode. La plupart des égyptologues considèrent cette association comme une tradition tardive, sans fondement historique.

Dans quel matériau les statues du roi Ramsès II étaient-elles réalisées ?

La plupart des statues colossales furent taillées dans le granit d’Assouan — rouge, rose, gris ou noir — extrait près de l’actuelle Assouan, puis acheminé vers le nord par le Nil. Certaines statues utilisaient le calcaire, la granodiorite ou la syénite. Le choix du granit rouge pour les pièces les plus importantes était délibéré : cette couleur associait la statue à la divinité solaire et à Rê, le dieu-soleil dont le nom figurait dans le nom de couronnement de Ramsès.

Peut-on voir les statues originales de Ramsès II à Louxor lors d’un voyage en Égypte ?

Oui. Les statues colossales de l’entrée du temple de Louxor se dressent toujours à leur emplacement d’origine, pleinement accessibles aux visiteurs. Le Ramesseum, sur la rive ouest, conserve également des fragments de statues in situ. Abou Simbel nécessite un vol ou une longue route depuis Assouan, mais reste l’une des expériences les plus saisissantes d’Égypte.

Conclusion : se tenir là où la pierre parle encore

La statue du roi Ramsès II n’est pas un monument unique : c’est un langage. Gravé dans le granit, à travers chaque temple du delta jusqu’à la Nubie, il répète inlassablement le même message, sous toutes ses formes : j’étais là. J’étais puissant. J’ai duré.

Trois mille ans plus tard, la pierre parle encore. Et le fleuve qui a transporté chaque bloc de ce granit d’Assouan à Thèbes coule toujours — le même Nil, le même courant, la même lumière sur la même eau.

La meilleure façon d’entendre ce qu’elle raconte est de la parcourir soi-même.

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Réservez votre place sur le fleuve. Les colosses attendent depuis 1279 av. J.-C. — ils peuvent bien patienter encore un peu.

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